Le Dr Avédis Matikian était le mercredi 22 mai l’invité du journal télévisé de 12 heures de France 3 Provence-Alpes. Interviewé par la journaliste Muriel Gensse, le vice-président de l’ASAF a évoqué l’action de l’association et l’ouverture du Centre Cardio-vasculaire Franco-Arménien (CCFA) de Goris.

Muriel Gensse : « Dr Avédis Matikian, vous revenez d’Arménie où vous avez inauguré un hôpital, votre hôpital, à Goris, à quatre heures d’Erevan, dans une zone totalement isolée. C’est un projet complètement fou, porté par votre petite association de quelques dizaines de membres. Vous avez dû trouver un terrain, construire l’hôpital, le faire fonctionner… J’imagine qu’il a fallu soulever des montagnes pour arriver à réaliser ce projet… »

Dr Avédis Matikian (parlant au nom de la présidente de l’ASAF Telma Heratchian) : « Cela paraît fou quand on regarde cela de l’extérieur, mais quand on est à l’intérieur de l’action, cela paraît banal… »

M.G. : « Parce que vous y travaillez depuis des années… »

A.M. : « En effet. L’ASAF existe depuis vingt ans, elle a été créée en 1993. Notre action était au départ tournée vers la santé, parce que créée par des professionnels de la santé, mais pas uniquement d’origine arménienne, et pas uniquement réservée aux professionnels de la santé. Donc, c’est une association un petit peu particulière. »

M.G. : « Vous avez su mobiliser les motivations extérieures. L’hôpital a une particularité : il est spécialisé dans les maladies cardio-vasculaires, c’est la première cause de mortalité en Arménie. Quelle technique avez-vous apportée sur place ? »

A.M. : « Cet hôpital est l’aboutissement d’une action d’une vingtaine d’années.

D’abord, l’association formait des médecins cardiologues interventionnels pour pouvoir déboucher les artères nourricières du cœur qui se bouchent, ce qui cause l’infarctus, qui est la première cause de mortalité en Arménie comme vous l’avez dit. Pour cela, il a fallu l’intervention du Dr Paul Barragan qui, depuis des années, a formé tous les cardiologues interventionnels qui exercent à Erevan.

Mais nous nous sommes vite rendu compte que soigner uniquement à Erevan ne suffisait pas. Parce que le Syunik, une région du Sud de l’Arménie, est à quatre heures, ou cinq heures selon les saisons, de la capitale… et cinq heures, c’est trop pour qu’un coronarien puisse arriver à Erevan pour se faire soigner. »

M.G. : « Et vous sauvez comme cela des milliers de vies…»

A.M. : « L’objectif de cet hôpital est de soigner l’infarctus aigu du myocarde. Nous ne faisons que de la cardiologie et de la cardiologie interventionnelle. C’est une réalisation qui est ouverte depuis deux mois, et je peux annoncer un chiffre qui me paraît extraordinaire : une cinquantaine de personnes ont déjà été traitées et opérées dans ce centre. »

M.G. : « Pour terminer, de quoi l’association a-t-elle besoin aujourd’hui ? »

A.M. : « L’association a besoin de l’ensemble des bonnes volontés pour aider moralement, financièrement et sur le plan professionnel aussi, car nous avons besoin non seulement d’argent, mais également de cardiologues qui puissent venir exercer dans cet hôpital. »

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